A Ayos tout le monde connaissait le football. Certains même le pratiquaient. Mais l’idée de voir des aveugles jouer au football leur était totalement incongrue. Rien n’est impossible en Afrique. Surtout en matière de paranormal. Mais voir des aveugles, masque sur les yeux, dribbler, jongler avec un ballon, marquer des buts à un gardien voyant dans des buts de 3 m de large, cela dépassait l’entendement. Et pourtant...
Apres les quolibets et les sarcasmes sur « un ETOO sans les yeux », « les lions sans les yeux », le silence s’est progressivement imposé. Le public avait devant lui des footballeurs camerounais vêtus en sportifs, heureux comme des footeux, aveugles mais habiles et rapides. L’incrédulité ne fut pas levée pour autant.
L’autre incongruité était leur présence ici. Pourquoi Ayos et non Douala ou Yaoundé.
